Mieux faire circuler l’énergie en soi grâce à l’art du chi

romainchi

Au centre de toutes les philosophies et médecines orientales, le chi, l’énergie vitale, est aussi au cœur d’une série d’enseignement mis au point par un singulier pédagogue, Vlady Stévanovitch, sous le label « art du chi ». A pratiquer à titre personnel, pour se fortifier mais aussi s’aider et se protéger en tant que thérapeute.

Peut-on apprendre quelques fondements de la médecine chinoise sans s’embarrasser de « chinoiseries » théoriques sur le yin et le yang ? Comment améliorer ses défenses immunitaires, aboutir à plus de concentration, d’équilibre, à un meilleur sommeil, autrement dit à des effets aujourd’hui officiellement reconnus de la méditation, sans être contraint de passer des heures en silence, assis en position du lotus, à tenter (souvent en vain) de calmer son mental ? L’Ecole de la voie intérieure, qui diffuse un enseignement sur « l’art du chi », prétend répondre à ces questions.

Cette approche a été mise au point par un singulier pédagogue, Vlady Stévanovitch, formé par divers maîtres orientaux, qui a expérimenté pendant six décennies la « réalité du chi, palpable et manipulable », dans des circonstances diverses et parfois dramatiques comme la guerre. Avant de se décider à ouvrir son école en Belgique il y a vingt-cinq ans, lassé de voir que la notion de chi (qi au Japon, prana en Inde) se diffusait trop lentement, ou de façon trop théorique. « Comme le sang qui coule en chacun de nous, le chi est universel, et il n’appartient pas à l’Orient », expliquait-il en ajoutant qu’il fallait « avant tout ressentir et apprendre à manipuler le chi » plutôt que d’en parler…

Travail d’intention

Ainsi dans son école ne parle-t-on jamais ni chakras ni méridiens. Pour autant, les exercices qu’il a mis au point passent par ces mêmes points ou circuits clés qui irriguent notre corps. Ainsi, pour l’exercice dit de « la petite circulation » (une boucle montant à l’arrière et descendant à l’avant du corps, qui va du sommet du crâne aux parties génitales en passant par le centre énergétique du corps, ou tantien) on travaille à travers des points simplement nommés « point du sommet du crâne, point d’entre les deux yeux, de la gorge, du tantien, du coccyx, du sacrum, du repère arrière, puis points dorsal, lombaire et cervical », sans s’encombrer de références aux méridiens dumai ou renmai de la tradition taoïste. « L’important, c’est le travail d’attention, d’intention et de présence, non les mots », résume aujourd’hui Michèle Stévanovitch qui, avec quatre autres formateurs, a pris le relais de l’enseignement depuis la disparition de son époux.
Seule exception à la règle d’une pédagogie accessible à tous, l’utilisation du mot tantien, qui vient de la tradition chinoise (aussi connu au Japon sous le nom de hara) et qui est situé à l’intérieur du ventre, quelques centimètres sous le nombril. Ce tantien-là est le pilier central des techniques. Là encore, il n’est pas sollicité par le mental mais par une série de micro-mouvements internes pratiqués assis, la colonne vertébrale droite, à partir de repères latéraux et verticaux qui permettent de mieux le localiser et de le renforcer. « C’est une sorte de gymnastique minimaliste, invisible mais palpable, dont les efforts sont immenses ! » résume un médecin pratiquant de longue date.
A partir d’une concentration sur ce « moteur interne » sont proposés tous les exercices : automassages internes des organes, dont les intestins ou les zones douloureuses, relaxation intense et régénératrice, pratiques du qi gong et surtout du tai chi chuan pour distribuer le chi  harmonieusement en position debout, ou encore « sons chargés de chi », l’une des spécificités de l’enseignement. Il s’agit de sons qui font vibrer le squelette. Ils sont soit émis par les pratiquants, soit reçus dans leur corps à partir d’enregistrement faits par Vlady Stévanovitche, qui a consacré les dernières années de sa vie à combiner connaissances millénaires et technologie de pointe.
« Le chi bien utilisé n’est pas forcément le talisman magique qui met définitivement à l’abri de toutes les maladies », reconnaît Michèle Stévanovitch. Toutefois, il reste très utilse en prévention pour tout un chacun et il renforce l’efficacité des thérapeutes. En outre, il propose « une meilleure présence à soi et au monde », ce qui conduit à des états allant « bien au-delà du simple bien-être corporel »…

Des stages pour médecins ou thérapeutes

Désolé que « la réalité du chi » ne s’impose pas plus dans le monde scientifique, Valdy Stévanovitch a ouvert des cours réservés aux médecins et aux thérapeutes il y a quinze ans. L’objet n’est pas de les détourner de leurs pratiques habituelles mais de les y aider, cela dans deux directions.
1. Se rendre plus efficace, car fréquenter des malades ou des personnes à problèmes peut « pomper l’énergie ». On apprendra donc à renforcer ou à protéger son tantien en bloquant certains points du corps afin de ne pas risquer des « fuites » de chi et un épuisement dans les interactions.
2. Grâce à des exercices spécifiques sur les ressentis de la main ou di regard, le tantien en point d’appui, on renforcera l’efficacité du touché ou de l’écoute. Aucun enseignement théorique dans ces formations, mais un travail d’expérimentation du langage du corps et de la vie.
Rens. : www.artduchi.com

Article Principes de Santé – Septembre 2013 Par Christine Saramito

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